Inde Pondichéry

Jours 84 & 85 : Auroville l’énigmatique

27 avril 2017

Mercredi 26 avril, nous nous réveillons vers 6h car nous souhaitons prendre le bus direction Auroville, la fameuse ville expérimentale créée à la fin des années 60. Nous avons vu qu’un bus s’y rendait le matin en partant de Pondichéry. Nous nous rendons donc en rickshaw à la gare routière, où nous tentons de trouver le bon bus. Il semble bien exister, on nous dit d’attendre à un endroit. Pour patienter, nous prenons un petit chai et admirons le talent du chaiwala qui verse le lait dans les tasses à plus d’un mètre au-dessus d’elles. Vers 7h20, le bus n’est pas toujours pas là, nous redemandons à quelqu’un d’où part le bus, et il se trouve que ce n’est pas du tout où on l’attend. Nous partons vite dans la direction indiquée et montons finalement dans le bus.

Après quelques kilomètres seulement (Auroville se trouve à 12 kilomètres de Pondichéry), nous sommes invités à descendre. Mais nous nous rendons compte que nous ne sommes pas au sein d’Auroville même, mais à plus de 5 kilomètres… La route qui y mène compte quelques endroits intéressants (enfin c’est surtout une boulangerie qui nous intéresse), du coup nous partons à pied, un peu optimistes. Nous arrivons à la boulangerie et prenons un petit déjeuner : croissant et toasts avec du beurre et de la confiture à la cardamome, du jus d’ananas et du thé. On se régale, le croissant est pas mal mais bon, pas encore comme à la maison !

Nous repartons et décidons de prendre un rickshaw jusqu’au visitor center, un peu la porte d’entrée d’Auroville pour les visiteurs, comme son nom l’indique. Il y a encore quasiment 5 kilomètres à faire, et il fait déjà très très chaud. En arrivant au visitor centre, nous découvrons enfin Auroville, dont on a pas mal entendu parler depuis que nous voyageons (on ne connaissait pas avant !).

Auroville, c’est l’histoire d’un rêve. Cette ville qualifiée d’expérimentale, a été créée en 1968 par Mirra Alfassa, connue sous le nom de La Mère. Cette femme, Française d’origine, était mariée à un philosophe indien, Sri Aurobindo. Son portrait est partout à Pondichéry, elle est incontournable, et l’ashram (lieu de réunion/communion) fondé par le couple à Pondichéry est toujours visitable (on peut y même s’y loger). Auroville, c’est dans les termes de La Mère « le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités » (merci Wiki). Aujourd’hui, Auroville s’étend sur une vingtaine de kilomètres et compte plus de 2000 habitants : des Aurovilliens, qui y vivent toute l’année, des invités newcomers qui doivent faire leurs preuves sur un an avant de devenir résident, et des guest qui sont là pour une durée limitée, en vue de devenir potentiellement des newcomers. Et oui, pas simple !

On va vite s’en rendre compte, si Auroville est un lieu de vie, ce n’est guère une attraction touristique. En arrivant au visitor center, on arrive dans une salle qui expose quelques explications sur la ville, on peut visionner une vidéo, et se rendre vers le point d’orgue de la visite : le Matrimandir (Maison de la Mère). Il s’agit d’un lieu de méditation, qui n’est régi par aucune religion. Les symboles religieux et prières y sont d’ailleurs interdites. Si comme nous vous n’allez à Auroville que pour une journée (il y a des guest houses où l’on peut résider), vous ne pourrez voir le Matrimandir que de l’extérieur. Pour y entrer, il faut faire une demande pour le lendemain. Mais de l’extérieur, le bâtiment vaut déjà largement le détour. Rien ne peut mieux le décrire qu’une image. Ou alors une immense balle de golf dorée, un vaisseau spatial échoué… Mais ces comparaisons ne sont guère glorieuse alors que le « monument » est unique, et assez époustouflant. Il semble que l’intérieur est époustouflant également, sans ornement, sans guirlande, sans fleurs… aucun rapport avec les temples hindous que nous visitons depuis presque trois mois. Le Matrimandir ne ressemble qu’à lui-même.

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Après avoir passé de longues minutes à observer le Matrimandir, nous nous dirigeons à l’aide de notre carte vers la solar kitchen, au sud, pour y voir le four solaire communautaire. Nous ne marchons pas très longtemps, mais un peu en souffrance car la chaleur est intense. Arrivés sur place, nous découvrons un immense bâtiment avec un café et une « supérette » (uniquement ouverts aux résidents), et apercevons vite fait le fameux four solaire. Malheureusement, l’entrée est interdite, pas moyen de le voir entièrement. Nous sommes un peu déçus car c’était l’un des aspects de la ville que nous avions vraiment envie de découvrir. Nous repartons donc au nord du Matrimandir, vers le Town Hall. Ici aussi il y a un café (nous pensions un peu naïvement qu’il y aurait des restaurants partout… pas du tout), où on nous remplit gentiment notre bouteille d’eau. Mais il y a surtout le centre administratif : les admissions, l’accueil des nouveaux résidents, le studio graphique, les relations publiques… Assez rigolo mais finalement pas grand chose à voir. Les bâtiments dénotent complètement dans ce paysage, dans un style très années 70.

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Un très bel aperçu du four solaire !

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Un peu cantonnés dans notre position de intrus touristes, nous nous rendons de nouveau vers le tourist center. Nous accédons à un café qui cette fois, accepte les touristes et leur monnaie (les autres endroits n’acceptent que les « comptes » des Aurovilliens), nous sommes contents. Après avoir fait un tour dans les quelques boutiques qui permettent à la communauté de gagner un peu d’argent, nous décidons de prendre une limonade, deux sandwichs, et d’attendre sagement 2 heures un bus qui repart pour Pondichéry. Enfin, en temps normal, car aujourd’hui (comme souvent apparemment…) il ne viendra pas. Du coup, nous repartons en tuk-tuk.

Que penser d’Auroville ? A vrai dire, on ne sait pas trop, nous n’y sommes pas restés assez longtemps. L’idée en elle-même est séduisante : un principe de revenu universel, une importante conscience environnementale, les soins et l’éducation gratuits, une quasi autosuffisance… C’est difficile de ne pas être séduit. Mais disons que nous avons été surpris. Tant décrit comme une utopie, nous nous étions un peu fait la nôtre : un petit village avec une ville fourmillante, pleins de choses à voir, à découvrir. Ce n’est pas vraiment comme ça, de notre point de vue. La ville est extrêmement étendue, et à pied comme nous, c’est la galère. Notre premier conseil : louer un scooter et faire comme les Aurovilliens. Après, comme on le notait plus tôt, ce n’est pas un lieu touristique. Du coup, après avoir vu le Matrimandir, on se sent un peu intrus. Mais après tout tant mieux, si cela peut préserver le lieu ! Après, on a lu parfois que c’était un peu le règne des « Blancs » qui se baladent en scooter toute la journée, et les Indiens qui travaillent. C’est vrai que c’est un peu l’impression que cela donne, mais sans y vivre réellement, on ne peut réellement se faire un avis. Nous resterons donc neutres sur ce point !

Après cette visite qui nous a laissé un peu dubitatifs (et où on a bien galéré et sué), nous décidons de retourner dans le quartier tamoul de Pondichéry. Parce que c’est bien mignon ce monde sans magasins et anti-consumériste, mais nous on a nos souvenirs de l’Inde à acheter, avant l’envoi du colis demain ! Du coup, nous faisons un tour dans les petites boutiques, dans le marché. On profite beaucoup mieux du quartier que la dernière fois : il est 15h, la chaleur est moins étouffante et il y a moins de monde. On se régale. Nous décidons de profiter de cette belle foulée pour retourner au temple hindou, car nous savons qu’à partir de 16h, on peut y voir un éléphant ! Et effectivement, il est bien là : Lakshmi, le fier gardien du temple, qui béni les visiteurs et tente de fouiller avec sa trompe ceux qui passent devant lui. Il est magnifique, même s’il n’a sûrement pas une vie rêvée pour son espèce… Nous sommes quand même contents de voir qu’il n’est pas entravé, mais son cornac veille au grain.

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Nous repartons finalement vers la guest house, après un petit tour dans la ville blanche, très belle sous le soleil qui descend. Nous nous nous y rafraîchissons un peu, et partons finalement manger à nouveau dans la petite pizzeria trop trop bonne !

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Notre petite guest house !

Le lendemain jeudi, nous nous réveillons avec le soleil et partons envoyer notre colis. Nous demandons conseil à notre hôte Ilyas, qui connaît la ville mieux que personne. Nous nous rendons à l’adresse qu’il nous indique et sommes contents de découvrir un lieu qui inspire bien plus confiance que son homologue à Jodhpur (lieu d’envoi de notre premier colis !). Michel (qui est Indien) emballe nos affaires, pèse le colis (un beau bébé de presque 7 kilos – et oui on en trimballe des bêtises !) et c’est parti. Moitié moins cher qu’à cher qu’à Jodhpur, pour un colis deux fois plus lourd… Cherchez l’erreur ! Mais bon au moins on ne se fera plus avoir (ou pas) !

Nous partons ensuite déjeuner, dans notre petite crêperie, où nous mangeons deux sublimes salades. En dessert, nous nous autorisons deux crêpes : au caramel beurre salé pour Marine et aux pommes caramélisées pour Romain. Le bonheur à un nom !

Bien repus, nous nous dirigeons vers la dernière mission de la journée : le coiffeur/barbier ! On en trouve un vers la guest house et c’est parti : Marine va en haut, Romain reste en bas, et on coupe tout. Ça fait du bien. L’addition est un peu salée : 8€ pour 2. Ce n’est même pas le prix d’un soin en France…

Finalement c’est sur la terrasse que nous passerons la fin de notre journée, avant d’aller dîner dans un restaurant indien (pour changer), qui sera sûrement le dernier de notre séjour en Inde 🙁 C’est presque l’heure du départ, et mes yeux piquent un peu en l’écrivant (Marine, Romain il pleure jamais !). Demain nous partons à Chennai, la ville d’où nous décollerons pour le Sri Lanka à minuit !

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10 Comments

  • Reply DLSCLT 27 avril 2017 at 18 h 49 min

    Quel beau parcours en Inde… On a hâte de lire bientôt le bilan de ces deux mois dans un pays que vous nous avez fait découvrir.

    • Reply Marine Lascault 27 avril 2017 at 19 h 48 min

      On commence à le préparer 🙂 mais les vidéos vont prendre un peu de temps à faire je pense !

      • Reply Dominique Lascault 28 avril 2017 at 15 h 06 min

        Prenez votre temps. Bon vol et gros bisous

        • Reply Marine Lascault 29 avril 2017 at 14 h 05 min

          Merci ! on est bien arrivés ça y est 🙂

  • Reply mum 27 avril 2017 at 21 h 04 min

    Merci pour tous ces beaux moments partagés dans un pays que je n’imaginais pas vraiment comme ça… un pur bonheur…

  • Reply Chrisetdom 28 avril 2017 at 20 h 50 min

    Pondichery aurait été un coup de coeur pour moi!!! Mais personne ne m’a demandé mon avis!! Superbe la « petite » guest house!! Je ne sais pas trop quoi penser d’Auroville…. Sinon la confiture à la cardamome me parait pas mal du tout (si c’est vraiment pas possible d’avoir des bougainvilliers) mais je sais que le colis est déjà parti…. Moi aussi j’ai hâte de voir votre bilan indien!!! Bonnes premières images du Sri Lanka!!! Veinards!!!

    • Reply Marine Lascault 29 avril 2017 at 14 h 05 min

      Oui très sympa Pondichéry même si je n’étais pas trop convaincue au début ! et oui la guest house était très belle aussi. La confiture à la cardamome, on en a pas trouvé malheureusement à vendre ! Peut-être ici au Sri Lanka qui sait ? en tout cas cela commence bien malgré un très très long trajet… et en plus c’est beau !

  • Reply Chrisetdom 28 avril 2017 at 20 h 51 min

    Si tu peux corriger les fautes en approuvant mon commentaire, ce ne serait pas mal, merci!!’

    • Reply Marine Lascault 29 avril 2017 at 14 h 03 min

      oui c’est fait ! c’est vrai que y’en avait bien besoin :’D

      • Reply Chrisetdom 3 mai 2017 at 20 h 04 min

        Oui alors toi aussi alors!!!!!😜

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