Inde Kerala

Jour 72 : Dans le calme des backwaters

15 avril 2017

Dans l’état du Kerala, l’une des « attractions » phares est la découverte des backwaters, ces canaux en parallèle de la mer d’Arabie, naturels pour certains, ou construits par l’homme pour d’autres. Ils relient entre eux cinq lacs principaux, dans un réseau de plus de 900 kilomètres. Il y a différentes façons de les visiter, ou devrions-nous dire, différents bateaux : les kettuvaloms ou houseboats, des bateaux traditionnels avec toits, où l’on peut passer la nuit, les canoës, avec ou sans moteur, et les ferries, utilisés comme des bus par la population locale. Il y a plusieurs villes de départ pour découvrir les backwaters, la principale étant Allepey, à 1h30 de Cochin. Comme nous n’avions pas le budget pour les croisières de 24h dans un houseboat, nous avons opté pour la formule proposée par notre guest-house : un circuit de 7h dans les backwaters, dans un petit houseboat, puis en barque pour se rendre dans les canaux les plus étroits (pour 850 rps chacun, soit environ 11€, repas du midi et transfert en voiture inclus).

Ce vendredi 14 avril, nous nous réveillons donc vers 7h pour partir dans les backwaters. Notre hôte a eu la gentillesse de nous préparer un petit déjeuner matinal mais très consistant. Une jeep vient ensuite nous chercher, et nous partons chercher 3 autres personnes : deux jeunes Australiennes et une Suisse, qui passeront également la journée avec nous. Après une heure de route environ, nous arrivons à destination. En discutant avec les autres passagers, nous découvrons (un peu honteux de ne pas le savoir avant) qu’aujourd’hui est un jour férié : c’est la fête de Vishu, qui célèbre dans les états du Sud de l’Inde le nouvel an astronomique, célébré par les hindous et les chrétiens.

Un homme vient nous chercher et nous emmène vers notre première embarcation : un petit houseboat en bambou, très joli, où sont installées des chaises en osier. Nous nous asseyons et c’est parti ! Enfin, assez lentement, car le bateau n’est pas équipé de moteur. Ce sont deux hommes qui sont chargés de le faire avancer, à l’aide d’immenses bambous qu’ils plongent dans l’eau. Un homme à l’arrière fait avancer le bateau, celui à l’avant s’occupe également du gouvernail et de la direction. C’est assez impressionnant de les voir faire mouvoir le navire qui fait quand même une dizaine de mètres, uniquement grâce à deux hommes (assez âgés en plus). Ils connaissent bien leur bateau et nous font découvrir les canaux plutôt importants. Il n’y a pas grand monde, si ce n’est quelques pêcheurs et quelques barques. Les rives sont quant à elles plutôt sauvages. A cause de l’orage de la veille, il fait très gris aujourd’hui, mais les paysages restent magnifiques. Nous pouvons admirer quelques cormorans et des aigrettes, mais pas d’autres animaux : à part les poissons et les oiseaux, on nous indique qu’il n’y a pas d’autre vie sauvage, même pas de singes.

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Nous nous arrêtons au bout d’un moment pour visiter une toute petite usine. Au début nous ne savons pas trop de quoi il s’agit. On voit des tas de petites boules noires (il s’avère que ce sont des boules de charbon) et des immenses tas de coquillages vides. Notre guide nous explique que ces coquillages sont ramassés dans les backwaters, mangés par la population, puis les coques sont amenées à l’usine et transformées en poudre de calcium. Elles sont chauffées à plus d’une centaine de degrés dans un immense four, et trempées dans l’eau. Elles deviennent alors naturellement de la poudre de calcium, douce et blanche. Ses utilisations sont multiples : pour faire des médicaments, de la peinture, de l’enduit… et d’autres encore, mais on a oublié !

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Les gardiens de l’usine

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Le voisinage

Nous repartons et nous arrêtons peu après pour voir cette fois la fabrication de cordes en fibre de noix de cocos. Une femme nous fait la démonstration : ils récupèrent les « poils » des noix de coco séchées plusieurs mois, puis les lient entre eux en les faisant tourner à l’aide d’une machine. La corde faite à partir de la noix de coco est très solide, et utilisée notamment dans la construction des bateaux en bambou. On nous emmène ensuite voir quelques souvenirs au cas où nous sentirions nos poches un peu trop lourdes, mais non ça ira ! Nous repartons alors, la prochaine étape étant le déjeuner.

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Nous nous installons dans un petit bâtiment ouvert, prévu à cet effet, avec des grandes tables un peu étroites. Nous nous asseyons en rang d’oignon (pas le droit de se mettre les uns en face des autres : c’est plus facile pour le service) et on nous distribue des grandes feuilles de bananiers, puis une grosse portion de riz, un curry, des potirons cuisinés (très bons), un curry de légumes verts (on soupçonne du bambou à l’intérieur, excellent aussi), des pickles hyper épicés, et des papad, ces sortes de chapatis secs. On se régale, et on se fait resservir à volonté. Une fois le repas terminé, on nous propose soit de continuer la promenade dans le houseboat, soit de changer d’embarcation pour une petite barque (mais il faut prendre la voiture pour quelques kilomètres pour nous y rendre). A l’unanimité, nous décidons de changer, car nous pensons que nous pourrons voir des canaux plus étroits dans le plus petit bateau.

Après une dizaine de minutes, nous arrivons à destination et montons dans le petit bateau. Nous partons alors effectivement dans des petits canaux où la vie est plus présente. On voit l’importance des backwaters pour les locaux, qui y font leur lessive, s’y lavent, font leur vaisselle. On croise beaucoup d’habitants qui nous saluent gentiment. Notre guide nous montre aussi la quantité incroyable d’arbres fruitiers : on voit des manguiers, des bananiers et cocotiers, des cacaotiers, des arbres à noix de cajou, des arbres à jacquiers (durian), des sortes de manguiers mais aux mangues empoisonnées (attention !), des papayers, des malay apple tree (jambosier)… bref une ressource illimitée ! On voit aussi plus d’animaux que précédemment : des martins-pêcheurs (on voit bien qu’il y a deux espèces, et dont une qui ressemble à celle que l’on connait bien), des canards et des vaches (appartenant aux habitants), des cormorans, mais aussi d’énormes lézards qui font penser à de gros serpents bien sympas (mais pas de serpents, toujours pas).

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Nous faisons demi-tour au bout d’un moment pour regagner la rive et notre conducteur, qui nous ramènera dans notre guest-house avec une envie d’en découdre assez incroyable : il ne conduisait pas « mal » comme on pourrait le dire pour la plupart des Indiens, c’était vraiment un danger public !! Une phase de sa personnalité que nous n’avions pas décelée le matin même, la fatigue peut-être. Toujours est-il que nous arrivons en vie, et contents de notre journée. Nous pensons avoir bien fait de faire les backwaters de cette manière : avec bateaux sans moteurs, dans un calme parfait et pour un prix très intéressant.

Nous sommes complètement crevés en rentrant malgré notre inactivité pendant la journée, mais rester assis apparemment cela fatigue !

Le lendemain, repos intégral, avant de partir dimanche vers l’ouest pour Munnar, à 1600 mètres d’altitude, dans les champs de thé.

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1 Comment

  • Reply DLSCLT 18 avril 2017 at 18 h 04 min

    Belle balade… Et ceux-là, ils ont vraiment des têtes de martins-pêcheurs…

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